Capitale du Sud, le sang de la cité. - Médiathèque Départementale de la Haute-Loire

C’est peu de dire du premier roman de Guillaume Chamanadjian qu’il a le vent en poupe.

Il a gagné de nombreux prix, dont le prix Imaginales des bibliothécaires. (Vous pouvez participer à ce prix l’année prochaine si vous le souhaitez, à l’image de 8 bibliothèques de Haute-Loire, dont votre Médiathèque Départementale préférée.)

Un article avait d’ailleurs été consacré à ce prix il y a quelques semaines sur le site de la Médiathèque Départementale, mais j’avais envie d’insister sur ce premier roman, remarqué.

Outre le fait qu’il soit parfaitement maîtrisé, ce qui n’est pas si commun pour un premier roman, il est également remarquable parce qu’il entame le cycle la Tour de Garde, qui sera écrit à quatre mains. En effet, au tome 1 de Capitale du Sud de Chamanadjian, répond le tome 1  de Capital du Nord de Claire Duvivier. S’en suivront deux autres tomes pour chacun des auteurs, le tout formant un projet commun dont on se sait pas encore si, ou comment, ils vont se rejoindre. (A noter que le tome 2 de Capitale Sud est sorti en avril).

 

 

Qu’en est-il du roman en lui-même ?

Comme parfois, chez les jeunes auteurs, les premières liges de Capital Sud sont difficiles à lire, ampoulées et très démonstratrices. Pas besoin d’en faire des caisses pour montrer qu’on sait écrire, la sobriété est souvent signe de talent. Mais tenez bon, la suite du roman va vous prouver que Guillaume Chamanadjian n’en n’est pas dépourvu.

L’auteur nous propose de suivre les aventures de Nox, recueilli très jeune avec sa sœur, dans d’étranges conditions,  par un homme important de la cité. Nox va vraisemblablement être amené à jouer un rôle central dans la vie politique de la cité mais au début de l’histoire, il n’est que coursier et sillonne les rues de la cité qu’il connait dans ses moindres recoins.

Nox est d’ailleurs intimement lié à sa cité. Il en ressent les pulsations, comme un chant que lui seul semble entendre. Il se croit fou, jusqu’au jour où il découvre un ouvrage mystérieux qui lui livre le secret de cette vibration propre à lui ouvrir des dimensions insoupçonnées, grisantes, mais dangereuses.

Chamanadjian fait de cette cité, composite, mystérieuse et baroque, un personnage central du roman, au même titre que Nox lui-même. Et si on se laisse séduire par cette architecture,  semblable à une Familia Sagrada en perpétuelle construction, on est pas loin de toucher au poétique.

Ajoutez à cela un récit qui passe subtilement d’une intrigue politique à de la fantasy avec comme pivot le pouvoir de l’écrit sur la transformation du monde, et notre petit cœur de bibliothécaire fait boum. Nous voilà accroché, on veut évidemment savoir ce que la suite réserve à ce jeune héros et à sa cité.

Comme il faudra à la suite, lire Capitale du Nord, tome 1 puis Capitale du Sud, tome 2, voilà qui tombe à point nommé, pour un été sous le signe de la fantasy. Capitale du Sud à réserver d'urgence ici.