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"Le grand marin" élu par le Comité de lecture EsperLUette

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Le Comité Lecture de la BDHL Esperluette Lundi 6 juin, le « livre Inter » du comité de lecture esperLUette a été élu.

Après un mois et demi bien chargé et plus de 4000 pages, avant la désignation officielle du lauréat sur France Inter, les «esperluétines» ont désigné leur livre Inter. Le fil rouge de cette sélection a été le féminisme et la noirceur du monde urbain actuel.

Voici le tiercé de tête :

 

 

 

 

 

 

Le grand marinNuméro 1 : "Le grand marin" de Catherine Poulain
Résumé :
La narratrice embarque d'un port de l'Alaska, pour un voyage sur un bateau de pêche. Elle découvre la rude vie à bord, le froid et la fatigue, entourée d'un équipage uniquement masculin qui l'adopte au bout de quelque temps. A terre, elle partage leurs activités et finit par tomber amoureuse.
Prix Pierre Mac Orlan , prix du roman «Ouest-France»- Etonnants Voyageurs, prix Joseph-Kessel , prix Compagnie des Pêches, le prix Gens de Mer, prix Nicolas-Bouvier

Catherine Poulain est ouvrière viticole et bergère 6 mois par an à Manosque. Dans ce roman réaliste et d’aventure, elle raconte en un seul livre 10 ans de saisons de pêche sur un bateau industriel, au bout du monde. Seule femme au milieu d’un équipage d’hommes brisés par la vie, elle doit faire sa place en tant que femme et surtout oublier le décès d’un ami, l’alcool. Dans cette aventure extrême, elle dresse de magnifiques portraits d’hommes travaillant dans la sueur, le froid, le sang, les soirées d’errance dans les bars, les nuits solitaires.
Tout au long de ce récit autobiographique, elle cherche « le grand marin » , d’un amour tout en retenue, discret mais tenace et fort. L’écriture est , âpre, presque masculine, sans fioritures.
Avec ce livre finalement féministe au plus haut point, le lecteur reste sur un message d’espoir, une formidable leçon de vie.
Nb : Les membres du comité verront d’un autre œil le poisson congelé de la liste de courses… pour toujours !

 

 

 

La Grande ArcheNuméro 2 : "la Grande Arche" de Laurence Cossé
Résumé :
Ce roman retrace la construction de ce monument, confiée en 1985 à deux Danois, l'architecte Johan Otto von Spreckelsen et l'ingénieur Erik Reitzel. Une épopée architecturale évoquant toutes les péripéties du projet, les choix qui l'ont précédé, les batailles politiques qui ont ralenti sa mise en œuvre, les problèmes techniques qui ont émaillé les travaux ainsi que les querelles d'hommes.

Et bien oui, un groupe de lectrices peut élire un roman « réalité » ayant pour thème l’architecture ! La construction d’un élément majeur du patrimoine parisien comme personne ne l’avait conté !
Laurence cossé excelle dans ce portait d’architecte, venue du nord de l’Europe, lauréat d’un concours qui le dépasse. Nous sommes plongées dans l’ambiance politique des années 1980, des conflits d’intérêts, de la toute puissance des dirigeants. La différence de culture entre latins et européens du nord a fini par détruire monsieur Von SPRECKELSEN qui refusera la paternité du projet. Mais les suivants finiront quand même en tentant de garder l’esprit novateur et poétique du début.
En alternant détails techniques et finesse psychologique, l’auteur fait preuve d’un grand sens de la vulgarisation.
Le groupe se promet lors d’une visite à la capitale de visiter l’intérieur de la Grande Arche que nous observerons d’une œil averti.
(dans la même veine lire aussi : "Naissance d’un pont" de M. de Kerangal)

 

 

La petite femelleNuméro 3 : "La petite femelle" de Philippe Jaenada
Résumé :
Le romancier s'est plongé dans l'histoire de Pauline Dubuisson qui par jalousie tua de sang-froid son amant en octobre 1953, à l'âge de 24 ans. Au-delà du fait divers et du procès retentissant qui s'ensuivit, il tente de pénétrer la personnalité complexe de cette jeune femme calculatrice et émancipée, dont le destin questionne la place de la femme dans la société des années 1950.

Le Comité de lecture avait plébiscité et mis dans sa valise coup de cœur le roman sur le même thème de Jean-Luc Seigle Je vous écrit dans le noir. Même sujet mais traité de façon différente par Philippe Jaenada : différence de style, beaucoup d’humour (qui permet de supporter cet histoire sordide), des digressions (qui ont pu énerver certaines), mais une enquête minutieuse démontrant pas à pas dans la plus grande objectivité cet accident qui, à l’époque, a été volontairement transformé en meutre. On suit la démarche de la justice bien pensante des années cinquante qui bâcle l’enquête à dessein, le cauchemar des femmes tondues de l’après guerre, l’ascendant psychologique du père sur sa fille et la difficulté pour une jeune fille de vivre sa vie sentimentale et ses études de médecine qui l’émancipe avant l’heure.
Personne n’est restée indemne après cette lecture, un livre qui marque…